Figurations anonymes

 

 

Exposition de Clément Mitéran

 

 

 

 

Portrait en mosaïque de Clément MitéranUtilisant notamment le medium de la mosaïque et celui de la photographie, Clément Mitéran, né en 1984, vit et travaille à Wissous. Depuis 2015, il réalise une série de portraits photographiques tirés sur des mosaïques rendues photosensibles, abordant ainsi les questions liées à l’identité et questionnant le status de l’artiste dans la société contemporaine. Sur ces portraits rendus anonymes se mêlent différents niveaux d’interprétation découlant des interactions entre la photographie et la mosaïque, en fonction de leur poids symbolique respectif. La lecture des œuvres produites se perçoit alors à travers un temps long, englobant les origines antiques de la mosaïque, l’apparition de la photographie d’identité, de la photographie mortuaire, et la mosaïque contemporaine.

 

 

Portraits

 

 

Michel Houellebecq, 150 x 150 cm

Clément Mitéran propose également depuis 2008 le résultat de ses recherches à travers une série de portraits. Travaillant à partir de photographies anciennes et dégradées ou de photographies argentiques qu’il a réalisées, multipliant les « erreurs » volontaires lors du processus de tirage ou à la prise de vue, il interprète ensuite ces images en mosaïque. Si l’œil accorde une confiance « aveugle » à la photographie, la mosaïque lui propose un chemin plus personnel : reconstruire formes et couleurs dans un processus perpétuellement réinventé au gré des variations de la lumière sur la matière. Exploitant les possibilités de la mosaïque, les « défauts » de l’image photographique sont exploités à travers le choix de l’andamento (littéralement l' »allant », la manière de juxtaposer les tesselles), qui prend alors toute son importance. La taille spécifique de chaque élément, leur teinte, leur inclinaison relative, permettent de démultiplier les couleurs et créent relief et mouvement sur une texture d’une puissance minérale incomparable. Prenant son parti, jouant avec les matériaux et leur assemblement, Clément Mitéran trouve des solutions pour « fondre » chaque partie du tableau, confinant parfois à l’abstraction dans les zones où l’image « dégradée » laisse toute sa liberté à l’expression plastique. Le regard est irrésistiblement conduit à osciller entre un point de vue de prime abord figuratif, et une lecture plus globale de l’œuvre où la matière, sa texture et la composition s’imposent.