Présentation

Clément Mitéran, né en 1984,  vit et travaille à Wissous. Entre 2005 et 2008 il se forme en Italie à l’« Ecole des Mosaïstes du Frioul », à Spilimbergo.  Il réalise des portraits, et travaille à l’impression de photographie argentique tirée sur smalte (verre vénitien).

 

Portraits

Depuis 2008 Clément Mitéran propose le résultat de ses recherches à travers une série de portraits. Travaillant à partir de photographies anciennes et dégradées ou de photographies argentiques qu’il a réalisées, multipliant les « erreurs » volontaires lors du processus de tirage ou à la prise de vue, il interprète ensuite ces images en mosaïque. Si l’œil accorde une confiance « aveugle » à la photographie, la mosaïque lui propose un chemin plus personnel : reconstruire formes et couleurs dans un processus perpétuellement réinventé au gré des variations de la lumière sur la matière. Exploitant les possibilités de la mosaïque, les « défauts » de l’image photographique sont exploités à travers le choix de l’andamento (littéralement l' »allant », la manière de juxtaposer les tesselles), qui prend alors toute son importance. La taille spécifique de chaque élément, leur teinte, leur inclinaison relative, permettent de démultiplier les couleurs et créent relief et mouvement sur une texture d’une puissance minérale incomparable. Prenant son parti, jouant avec les matériaux et leur assemblement, Clément Mitéran trouve des solutions pour « fondre » chaque partie du tableau, confinant parfois à l’abstraction dans les zones où l’image « dégradée » laisse toute sa liberté à l’expression plastique. Le regard est irrésistiblement conduit à osciller entre un point de vue de prime abord figuratif, et une lecture plus globale de l’œuvre où la matière, sa texture et la composition s’imposent.

 

Figurations anonymes

 

A partir de 2015, Clément Mitéran commence une série de portraits photographiques tirés sur des mosaïques rendues photosensibles. Travaillant sur l’identité, le statut de l’artiste, il réalise des portraits rendus anonymes où se mêlent différents niveaux d’interprétation découlant des interactions entre la photographie et la mosaïque, et de leur poids symbolique respectif. La lecture des œuvres produites se perçoit alors à travers un temps long, englobant les origines antiques de la mosaïque, l’apparition de la photographie d’identité, de la photographie mortuaire, et la mosaïque contemporaine.